janvier 27th, 2010

Hadopi RIP Apiadopi

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Notre gouvernement ayant omis de déposer à l’INPI le nom Hadopi, un opportuniste que l’on jugera ou non délicat, eut la délicieuse idée de déposer ce nom 6 mois avant les autorités politiques.  Renaud Veeckman, le dépositaire en question, moque maintenant ouvertement les pro-Hadopi en lançant, ce lundi 25 janvier une plateforme de téléchargement légale, et ce sous les yeux que l’on imagine ébahis d’énervement de Pascal Nègre et de défiance du Ministre des Droits d’Auteur et de la SACD.

L’AFP révèle en fait que les deux dossiers de dépôt ont été déposés, et l’affaire traitée par un tribunal compétent en la matière. L’INPI n’a en effet pas encore « tranché ».

En tout état de cause et par excès de zèle prudent, on le comprendra à la vue des souhaits gouvernementaux, Renaud Veeckman répond au gouvernement avec ApiAdopi. Au nouvelObs.com, il répond : « Contre le marketing politique, j’ai fait du marketing tout court. ».

La home page de ApiAdopi est claire : « Nous en sommes tous conscients, les modèles qui régissent - aujourd’hui - l’économie culturelle ne sont plus satisfaisants ni pour les créateurs ni pour les consommateurs. Seuls quelques acteurs (majors, sociétés de production télévisuelles, grands médias) monopolisent l’espace culturel en s’arcboutant sur des schémas dépassés. Ils empêchent, par là-même, l’émergence et le développement de projets viables et alternatifs. »

Pertinente démarche qui à  au moins le mérite d’ouvrir et d’accélérer potentiellement la mise en place d’autres plateformes de téléchargement légal, principe posé par le rapport Zelnik. La société civile prend le relais d’un gouvernement qui en est encore à légiférer là où son incompétence explose à la vue de tous les internautes, et pas uniquement des pirates /-)

Cette réponse pleine d’ironie idéaliste qu’il lance à la face du Ministère des revenus des artistes et de la culture se veut un modèle économique participatif : « Notre plateforme vise l’autofinancement. Les artistes seront rémunérés à 70% et la plateforme prendra 30% pour ses frais de gestion », poursuit l’empêcheur d’hadopiser en rond. L’artiste fixe le prix de ses supports, puisque ce projet se veut idéaliste, si l’on voulait avoir la critique facile, on dirait utopiste.

Dans les faits, l’ouverture au grand public sera faite en septembre prochain, de telle façon que les artistes et créateurs puissent « remplir » la plateforme et qu’elle propose une véritable offre, aussi exhaustive que possible ; il est cependant fort à parier que seuls les anti-hadopi prennent place sur cette plateforme si tant est qu’elle voit effectivement le jour. Les pro attendront gentiment de suivre le sens du vent des décisions institutionnelles.

Apiadopi sera-t-il une nouvelle pierre angulaire vers lequel seront stigmatisées les envies légalistes de l’usine à gaz inapplicable Hadopi ?

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janvier 27th, 2010

Elections primaires régionales

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Les candidats PS mènent grand train dans leurs régions respectives, les débats s’émaillent de petites phrases, les interventions télévisées disputent les parts d’audience aux interventions radiophoniques….Mais…

A écouter Martine, Ségolène, François, Benoît et les autres, tout observateur politique est en droit de se demander s’ils ne se trompent pas quelque peu d’objectif. Rappelons-le aux premières et premiers secrétaires du PS, nous sommes en train d’entrer en campagne pour les régionales, non pour tout autre scrutin.

Dans les faits, les éléphants et les éléphanteaux, puis ceux que A. Montebourg appelaient les jeunes lions, n’ont en tête, via cette élection régionale, que le trône élyséen. Les éléphants sont toujours en place, les jeunes lions se cassent bien souvent les dents ou restent sur leur branche, nonchalants, espérant trouver une place au soleil d’un siège les mettant en position de force. Nous les voyons donc tour à tour annoncer leur candidature à la candidature pour être candidat à la Présidentielle. Les coups sont bas, mais les coûts risquent d’être élevés pour la défense des idées alors que Martine veut réaliser le grand chelem et ravir à la droite les deux régions manquant dans son escarcelle.

Mesdames, Messieurs les membres du PS, mesdames et messieurs les élus, vous vous trompez d’élection !

Les français vont peut-être vous permettre de gagner une élection, mais celle-ci vise à élire des Conseillers Régionaux, pas des Présidents de la République…. Au mieux seriez-vous présidents, mais de régions. Serait-ce moins prestigieux et en inadéquation avec vos ambitions ?

La politique gouvernementale actuelle visant à la restructuration des territoires devrait vous inciter à défendre au plus près les intérêts de vos concitoyens en régions avant de viser le poste occupé actuellement par Nicolas Sarkozy.

Peut-être avez-vous perdu l’habitude de vous positionner clairement, tant politiquement que d’un point de vue électoral….

Image : Target, par Jasper Johns. CC cliff1066tm

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janvier 21st, 2010

Cacophonie Sarkozy flashy

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Nul besoin d’être un observateur aguerri de la vie politique pour comprendre que le site de l’UMP est semblable à la vie politique de notre pays dans les rangs de la majorité…

Un fou !  Il faut être un webmaster fou pour accepter de réaliser un tel site. http://www.lemouvementpopulaire.fr/ met en avant l’ensemble des voix UMP comme l’avait fait le délicieux LipDub maison avec tout le ridicule que l’on sait, avec l’insigne Xavier Bertrand gesticulant une chorégraphie précieuse au possible pour raviver le buzz web anti-UMP. On lui en sait gré d’ailleurs.

Ce concert de voix discordantes que montre le site est aussi l’exemple vil de la stratégie politique sarkozyste. On met toute la majorité sur l’estrade, on distribue les bons points, on laisse s’exprimer toutes les tendances, toutes les idées de façon imperceptible. On dirige de façon brouillonne, par flashes comme le site en animé en flash…

Ce site incompréhensible pose les premières pierres de ce que veut Sarkozy avec ces élections régionales : un référendum pour valider sa politique passée et celle, pire encore, à venir. Il met en avant les stars, les vedettes médiatiques et les thématiques d’actualités pour en faire les vitrines de la discrimination positive de l’erreur politique. Toutes les voix doivent être entendues, ça noie le poisson, ça évite de trop penser. Et surtout, le débat ne peut être posé sereinement.

La politique des flux correspond à la politique faite uniquement sur Tweest. Insaisissable, versatile, sans concrétisation de l’action au JT de TF1 ou F2… La politique des flux, donc du site de l’UMP met en avant l’incohérence gouvernementale cependant que les électeurs n’y verront que du feu dans le flot d’informations qui leur seront données.

Plus de deux ans à réapprendre aux électeurs à ne plus vouloir ou pouvoir s’opposer faute de vrais débats, faute d’une pensée claire ou d’une volonté d’apparaître cohérent, en s’appuyant à l’envi sur des symboles manipulés sans aucune forme de respect face à l’Histoire, et le résultat nous saute aux yeux avec http://www.lemouvementpopulaire.fr/ !  Apprendre à ne plus pouvoir s’exprimer n’a jamais été la meilleure façon de préserver une démocratie… l’histoire nous en instruit en permanence.

Merci à l’UMP pour avoir enfin donné aux internautes la chance de comprendre par l’image ce qu’est ce mouvement. Une autocratie, une sarkocratie vaguement symbolique et déstructurée. Tout sauf une réelle démocratie.

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janvier 8th, 2010

Zelnik Google.

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Alors que le Président Nicolas Sarkozy fait son marché de dupes dans le rapport Zelnik pour donner aux internautes les moyens d’un retour en net-légalité, la question se pose des mesures de financement de l’offre légale. A tout seigneur tout honneur : Google.

Le rapport Zelnik remis mercredi à Fred le ministre et à la présidence évoque de façon très nette la taxation des revenus publicitaires des moteurs de recherche. Les géants Yahoo ! et consorts semblent s’y opposer, à commencer par Google qui manifestait hier, jeudi 7 janvier, son courroux. Olivier Esper, directeur des affaires publiques chez Google France, estime que la logique de cette taxe participe d’une « logique d’opposition entre les mondes de l’internet et de la culture ». Cette remarque n’est pas en soi infondée.

Taxer, ce n’est pas mettre en synergie les acteurs du web mais les opposer de façon systématique. Google certes est en train de numériser des milliers de pages de livres pour les mettre à disposition des internautes, devenant ainsi lui-même un distributeur de culture on-line, mais au delà de cette vision, se contenter de taxer les moteurs de recherche revient à ne pas vouloir mettre sur la table les moyens d’une solution concertée.

Il va de soi qu’il faut prendre le fric là où il se trouve, mais il est encore plus patent que le prendre aux moteurs dans le but d’envisager de proposer et diffuser une offre culturelle accrue marque l’absence d’écoute réelle et de concertation entre la commission Zelnik et les principaux concernés : les acteurs majeurs du web. « Nous espérons que, parmi les recommandations faites par le rapport, ce seront bien celles privilégiant la coopération qui seront retenues. », poursuit Olivier Esper.

Quand bien même Google prélève une partie du marché de  la pub on-line en France et qu’elle est taxée aux USA, il n’en est pas moins vrai que cette solution n’apparaît pas idéale.

Cette commission Zelnik se devait de proposer un modèle économique pertinent, ce ne fut guère le cas. Les taxes s’accumulent, les crédits d’impôts sont sous-jacents, les cartes prépayées potentiellement pertinentes mais le principe reste à parfaire. La question majeure que pose l’offre légale tient aux droits d’auteurs, cela va de soi, c’est le fondement répressif de la hadopi. Pourtant, on envisage encore la seule donnée économique, pas le côté culturel qui apparaît accessoire et uniquement corrélé à une potentialité financière.

Internet doit devenir un moyen de diffuser mais aussi de développer la culture pour qu’elle pénètre chaque foyer connecté, sans pour autant s’opposer aux acteurs de la culture, qu’ils soient éditeurs, éditeurs musicaux, distributeurs ou producteurs. Pourtant, taxer, c’est opposer. Ce n’est en aucun cas collaborer.

Il fallait dégotter derrière les fagots une solution innovante, jouxtant les intérêts croisés des acteurs de la culture et ceux du Net. La SACD, le SNEP et consort n’auraient-ils pas intégré ce qu’est Internet et le potentiel de diffusion culturelle qu’il offre ? La dématérialisation des supports apparaît de plus en plus comme une évidence inéluctable, voire comme une nécessité économique pour les producteurs et diffuseurs de films, de musique, de livres numériques.

Le Net se présente comme une porte ouverte vers de nouveaux consommateurs de culture. Même légalement. Ne donner aux internautes que des cautères sur des jambes de bois numériques relève d’une relative incompréhension de la circulation des infos sur le Web, des supports culturels.

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